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mardi 11 septembre 2018

Les ans passent

Les ans passent


Les ans passent et ne se ressemblent point.
Que ce soit en plus ou en moins,
Mes souvenirs s'estompent et s'étiolent.
Et, seules quelques images collées à la mémoire
Continuent à refaire surface,
Au moment, ô, combien d'autres s'effacent,
Ainsi, les vagues du temps défigurent
Et les personnes et les fleurs et les murs.
Mirage de la vie, dépaysement de ma conscience.
Je me laisse aller dans le sens et dans le non sens,
À la rencontre du présent sans âge, présage
De lassitude sans bonne humeur, sans bienséance,
Triste est mon âme, face aux bavardages,
De ceux, croyant tout savoir, sans aucun Savoir.
Béton armé et pollutions meublent leur mémoire.
Ô, perdition de la parole du Sage, sans aucun ménage,
Science sans conscience est déluge et destruction.
Le silence devient havre de paix , à l'ombre de l'écritoire.



Abdelmalek Aghzaf, Fès, le 11/9/2016®©

vendredi 15 janvier 2016

Le sage de Nubie

Le sage de Nubie

Dans la sécheresse du grand désert, dans le mutisme barbare,
Les gouttes de pluie lustrales , devenues rares,
Réconfortent la palmeraie dans son rêve et emplissent les coeurs,
Comme pour fuir le funeste présage accablant les dures pierres,
Comme pour ignorer l'insulte et l'avarice du ciel dans sa ferveur,
Infaillible et sans âge, l'aiguille du temps froisse les âmes, déchire les sols.
Dans la désolation des calamités, devant le déclin des illustres empires,
Que des cortèges des caravanes silencieuses, prenant la voie de l'exil
Vers la clémence d'autres cieux, aux fruits promis d'autres terres.
Le vieux sage se prosterne sur le sable de la dune et se console
En ses incantations, en sa longue méditation, en ses tristes invocations.
La voie du ciel est encore longue et les ombres cachent la lumière.
De ses yeux fatigués et embués se dessine un débit calme, pernicieux et sûr.
Il sait ignorer le blasphème et l'ingratitude, il croit en le respect de la divinité.
Aucun sarcasme n'est permis devant l'exigeante maîtrise de la vérité.
Dieu est là, les idoles se brisent dans les temples des aïeux et des ancêtres.
Sa dévotion n'est point un silence de mort, il accueille la lumière de l'équité.
Seul, dans son désert, il prie et invoque, égrène son chapelet et psalmodie,
Pour que l'éclipse passe, pour que la vie renaisse, pour que la joie revienne !
Un miracle est toujours possible et bienvenu au chevet de l'insondable.
Une résurrection est possible et attendue au fin fond du désespoir.
La parole, en effusions, se répand en écho, d'un irréel sentiment d'espoir.
Le sage ne désespère pas, il attend dans la patience du prophète solitaire,
Un jour, demain, ou un après-demain, le ciel s'ouvrira et sa miséricorde se répandra.
Les fêtes et les noces combleront les coeurs, le sol fleurira, l'eau coulera.
Tout redeviendra comme avant, tout chantera le retour à l'éden sur terre.

Abdelmalek Aghzaf, Fès, le 12/01/2016©®

lundi 23 novembre 2015

ESPOIR Poème

ESPOIR

Je t'ai vu un matin dans le ciel de mon désespoir,
J'ai d'abord cru entendre le roucoulement de ta voix,
Tu volais si haut dans ton plumage blanc,
Je suivais du regard ton envol et tes voltiges,
Soudain , mon coeur palpita fort
Et tu atterris au bord de la petite fenêtre.
Tu me parlas dans le langage des humains,
Tu me dis me connaître depuis l'aube des temps.
Je reconnus mon ignorance dans ma folle désespérance.
Je suis ton espoir, je suis colombe de ton salut !
Je te ramène, en messager, la foi en l'espoir.
Ta prochaine délivrance et ton ultime liberté.
Souviens- t'en pour toujours, pour demain,
À l'aube du jour, au crépuscule qui s'achemine.
Crois et tu sauras, fie-toi en lui et tu verras !
Avant toi, avec toi et après toi toujours l'espoir !

Ainsi, je te crois, Ô colombe, mon augure,
Je te suis, je me fie à toi, je saute les murs,
Je vole avec tes ailes, partout dans les airs,
Et plus jamais, après ta lumière,
Je ne me plierai à l'ombre de toutes les ténèbres !


Abdelmalek Aghzaf, Agadir, le 20/11/2015©®


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