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vendredi 15 mai 2015

Mon NON



Je dis non, par ce qu’un OUI entraîne très souvent beaucoup de «  oui » qui ne s’arrêtent jamais. Mon non net, sans explication, arrête tout autre discours.  Un non fait circuler les gens ailleurs et toujours,  à la quête d’un oui naïf, niais et candide, sans aucune expérience. Un non ferme et catégorique clôt les débats byzantins, donne fin aux réunions sans fin. Pourtant, un non, de nuit,  peut devenir un oui, de jour et réciproquement pareil !
Mon non à moi limite les dégâts, me rend responsable de mon MOI, me préserve ma liberté et me fait vivre ma solitude sans aucun émoi. En toute quiétude !
Mon non fait dire aux gens que je suis plus égoïste, philanthrope, orgueilleux, vaniteux, malade, solitaire, imbu de mon amour propre et plein d’autres complexes !
Je me fie à mon non et je laisse tomber, très souvent, mon oui, pour être plus tranquille dans ma négation ! Ai-je tort ?

Abdelmalek Aghzaf, Fès, Le 13/05/2015®©


L’oisillon Nouvelle très courte :


L’oiseau ne pleura pas. Mâle ou femelle, cela ne semblait pas avoir une certaine importance. L’oisillon, ne sachant pas encore voler, tomba du nid, dans un gazouillis déchirant, les regards hagards, les petits pas imprécis. Les parents oiseaux (moineaux) ne cessèrent de sauter, voler tout autour, planer dans un vacarme de cris stridents. Par moments et par intermittence, planait un silence étonnant et très long, il semblait ne jamais vouloir finir ! Soudain, une petite fille des humains, qui suivait le manège tout en jouant à la marelle, s’arrêta, saisit l’oisillon, le caressa, le fit entrer à la cuisine, le mit dans une boîte de chocolat vide, chercha où lui mettre des miettes de la mie tendre du pain frais et un peu d’eau. 
Un silence, l’oisillon ne comprit rien, ses parents oiseaux non plus, ils se résolurent d’atterrir sur le bord du nid et regarder avec surprise. Cette fois-ci, leur petit serait bien perdu à jamais !
La petite fille, heureuse d’avoir l’oisillon, pensa l’adopter à la place de la poupée. Elle pensa devenir maman et l’oisillon, son bébé !
Abdelmalek Aghzaf, Fès, Le 12/5/2015®©


La fourmi Nouvelle très courte



Ce matin-là, il se leva tôt, comme à son habitude, même si c’est Dimanche ! Il devait donner des cours payants de physique, en privé.
Sur le chemin, il se sentit las, l’esprit en compote ! Il décida de changer de voie et alla s’installer à la terrasse d’un Café, prendre son petit déjeuner. Il sirotait son thé à la menthe, quand il aperçut sur le carrelage une de ces petites fourmis saisissant une grosse mouche inerte, morte, comme butin matinal, se frayant son chemin, avec obstination et dynamisme extraordinaires vers le mur d’en face, l’entrée d’une fourmilière.
Elle réussit d’y arriver, non sans peine, ni lutte contre ses congénères adversaires voulant s’emparer de son trésor.
Il se leva, paya son repas et remercia le garçon, lui laissant un généreux pourboire.
Il eut la plus grande leçon de sa vie : une fourmi ne se lassant pas, ne désespérant point, réussit à remplir sa tâche sans commenter, ni se plaindre !
Lui, l’Homme pensant, intelligent, ne devrait-il pas suivre l’exemple de cette minuscule créature et aller travailler pour son bien, celui des autres et surtout de sa petite famille ? !
Abdelmalek Aghzaf, Fès, Le 03/5/2015®©


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