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mardi 18 août 2015

Moments d'évasion et de méditation prose



Dans mes contemplations bucoliques, je méditais en prenant tout mon temps de regarder et de suivre un troupeau d'ovins et de caprins  qui paissait en toute quiétude sous le regard attentif et vigilant du berger et de la bergère.
Chacun savait ce qu'il faisait là. Les moutons et les chèvres broutaient de l'herbe. Tantôt debout, tantôt assis, le berger suivait du regard presque chaque mouvement de ses bêtes, de l'autre côté, la bergère faisait de même.
Le silence n'était brisé que par le vent qui soufflait entre les arbres et les arbustes ou par moments par quelques cris lancés par l'un ou l'autre en onomatopées distinctes auxquelles répondaient une bête par un bêlement qui devait peut-être avoir un certain sens pour le reste du troupeau.
Cela pouvait continuer toute la journée d'un flanc à  l'autre de ces collines parsemées d'arganiers et de jujubiers, l'herbe était sèche et jaunie par le climat sec en cette saison d'été. Nous étions au mois d'août.
Sur le bord de la route nationale n°1 traversant ce paysage semi-désertique, au sud du Maroc, en bas-côté, un point d'eau et un bassin où on versait le liquide vital nécessaire  pour la vie des hommes et des bêtes qui y venaient ponctuellement s'abreuver.
La vie semblait n'avoir qu'un seul sens, celui de manger et de boire.
Moment de paix, moment de sécurité. Rien ou presque ne venait déranger ce cours des choses très  simples mais juste nécessaires à l'existence.
La nature faisait son travail, sans trop de bruit. Tout semblait y être réglé comme la pendule de l'horloge. Le temps n'était pas suspendu, il coulait à sa guise, du lever du soleil à son coucher.
Le monde pouvait connaître des hauts et des bas, mais loin, très loin d'ici, dans ces lieux presque isolés où le rustique côtoyait l'essentiel.
On pouvait constater la rumeur lointaine de la vie des hommes, de leur modernité, de leur évolution, uniquement sur cette grande route reliant le Sud au Centre et au Nord du pays. Aucun répit. Les véhicules ne s'arrêtant jamais ni de jour ni de nuit. De toutes les formes, de tous les poids, de toutes les couleurs, de tous les âges, de toutes les marques, de tous les modèles, privés et publics, civils et militaires.
Il y avait aussi, parfois, quelque piéton, en habits délabrés, qui suivait la route dans un sens ou dans l'autre. Vers où ?  Dieu seul pouvait le savoir !
La circulation des hommes et des marchandises se faisait sous le regard parfois furtif mais sûrement indifférent du berger et de la bergère, des moutons et des  caprinés.
Chacun sa vie. Chacun son monde, en bien et en mal.
Les seuls points communs ne pouvaient être que la Terre qui portait tout ce monde, sous le même soleil, la même lune, les mêmes étoiles, le même ciel et sans aucun doute sous la vigilance du même Dieu créateur de cet univers.
Que ne pouvait-on deviner, imaginer, apprendre et savoir en laissant l'esprit accompagner ce troupeau, son berger et sa bergère, de loin, dans le silence, dans la sérénité de l'âme.
La béatitude et le bonheur de la méditation en harmonie avec cet espace où le temps seul réglait les cordes des différents instruments de musique dans une mélodie unique, merveilleuse et salvatrice.

Abdelmalek aghzaf,  Lakhsass le 14/8/2015®©


Je suis migrant chronique des jours qui passent

     Je suis migrant

Se mettre à la  place du drame des migrants traversant les mers pour s'installer en Europe/ Eldorado.
Ces humains de sexes et d'âges confondus fuient la misère, la ségrégation, l'injustice pour chercher un monde meilleur.
Croyant à raison ou à  tort le mirage occidental  du bonheur, de la démocratie,  du droit au travail, du droit à la différence, au libéralisme, ...
Rêvant  d'un jour de retour au pays avec de l'argent, une voiture immatriculée à  l'étranger et pouvoir changer le destin de sa propre personne et de celui de sa famille.
Il y a des exemples - modèles  à  suivre - des jeunes gens qui ont pu traverser les mers, trouver du travail, amasser de l'argent, revenir au pays, totalement transformés. Parlant quelques bribes de langue étrangère, sachant parler, décrire un monde très  différent du leur. ayant construit leur nouvelle maison au pays, mariés  à  de belles jeunes femmes qui rêvaient elles aussi de cette traversée  des mers pour totalement  changer de condition.
Si le destin y intervient en bon augure, décrocher  une carte de séjour permanente, un boulot convenable, s'installer en famille dans un pays européen et permettre à  ses enfants de profiter du droit à la scolarisation, en partie gratuite, d'une éducation, en partie occidentalisée.
Des choses simples, parfois banales, qui auraient dû exister dans leur pays d'origine, dans leur contrée isolée, laissée pour compte par l'insouciance, l'indifférence de ceux qui détiennent  tous les droits sur tout ce qui bouge dans leur pays. L'égoïsme, le favoritisme, le " après moi le déluge " dans le non sens qui gère  leur mode de penser la citoyenneté, la démocratie locale et nationale.
Ceci peut paraître  légitime et de droit à la dignité et à  l'existence.
Cependant, l'humain oublie  très vite sa condition misérable d'origine, une fois le désert traversé. Si l'obligation de respecter - à  la lettre - le droit et les règles de conduite  dans les pays d'accueil, ceci est vite oublié à  la rentrée dans le pays d'origine. Le constat est bien évident sur les routes nationales et les autoroutes, dans les aires de repos.
on jette les ordures partout. On parle un très  mauvais vocable, croyant parler une langue étrangère pour se distinguer des autochtones !
On veut à  tout prix être favorisé partout où on met le pied sur le sol qui les a vu naître et mûrir dans le besoin. Aujourd'hui, c'est plutôt  l'arrogance, le goût du privilège, le besoin de montrer la différence par rapport à  leurs semblables. " c'est limite, oubligi " !!!
Le complexe d'infériorité est ainsi remplacé par le complexe de supériorité, comme une sorte de revanche ou de vengeance, hélas déplacée !
Une seule chose ne semble pas être  perçue par ces " malheureux migrants " :
Leur culture de base, leur tempérament de maghrébin.
L'esprit humain est si complexe et comprend beaucoup de zones d'ombre !
L'éducation est à la  base de la conscience. L'enseignement est le véhicule de la bonne conduite vers la bonne pensée.
La plus belle des femmes du monde ne peut donner que ce qu'elle a.
On ne peut demander à un migrant analphabète ou presque d'être  philosophe,  penseur, intellectuel ! Il est ce qu'il a toujours été avant et après  son séjour court ou long dans un monde qui n'a jamais et ne sera jamais le sien.
Alors, il faut faire avec !

Abdelmalek Aghzaf,  Tiznit,  le 11/8/2015®©

mercredi 19 juin 2013

Méditations du solitaire heureux,

Le solitaire heureux, dans les meilleurs des mondes possibles.


 De toutes les façons, il ne pouvait rien faire, tant les raisons qui l'obligèrent à s'arrêter existaient toujours et même s'il le voulait bien, il serait incapable de tenir devant les imprévus auxquels il ne s'attendait guère et qui étaient plus forts que lui.
Les choses étaient ainsi, il se laissa aller.
À quoi bon lutter contre la houle, quand on n'était pas si bon nageur.
Il fallait laisser du temps au temps.
" Réussit bien qui sait attendre."
"Patience, patience,..." se contentait- il de répéter, mais sans cesser de se poser des questions - sans être convaincu d'aucune réponse -
Il ne savait pas pourquoi ni comment il s'arrêta tout d'un coup ; lui, qui croyait pourtant qu'il était si bien fait pour cette besogne, depuis déjà très longtemps !
Cependant, il n'ignorait pas qu'à chaque chose un début et une fin et qu'il fallait s'y attendre. Tôt ou tard, cela devait arriver inéluctablement.
 Même quand on disait que la vie avait un sens, ce ne pouvait être que relatif. Tout dépendait en fait de la situation dans laquelle on se trouvait ; l'État d'âme et le taux de positivité des énergies auxquelles il avait affaire ou auxquelles il faisait face.
 Il parvint quand même à se résigner, en croyant - comme ses ancêtres - en l'effet révolutionnaire des étoiles et de tous ces corps célestes qui avaient certainement une influence sur l'astre bleu : la terre et sur tout ce qui y vivait.
 Comme les cycles des saisons, sa verve et son inspiration allaient retrouver leur cours normal.
 Il n'avait qu'à y penser plus profondément pour que la joie et le bonheur intérieur (forces essentielles à sa survie) reprennent le dessus et que sa vocation reprenne sa voie.
 Il n'avait plus aucune autre alternative que l'attente raisonnée, la plainte et le doute ne servaient plus à rien.
 Dans l'attente de ce déclic nécessaire et ce Graal espéré, il se laissa aller.
Une brise si légère secoua doucement les feuillages des platanes et des mûriers. Le lourd nuage gris disparaissait lentement derrière les crêtes perceptibles à l'horizon, cédant aux lumières étincelantes et disparates de la voûte céleste, omnisciente du crépuscule.
Ce moment du coucher du soleil et la tombée de la nuit où les lumières étaient en leur froideur donnait à l'esprit une sérénité presque divine, un calme qui ne pouvait évoquer que le silence sidéral, pendant une contemplation estivale nocturne.
 Face à cette splendeur de l'univers, toute autre pensée, aussi positive soit-elle, ne pouvait tenir très longtemps. Il finit par chasser toutes ces idées noires et une joie intérieure le submergea de tout son être et commença à chantonner quelques airs, à tel point qu'il s'étonna de ce changement brusque. Il comprit enfin qu'il était heureux d'être là, soi-même, solitaire mais heureux de vivre cet instant irréel.
 Comme par enchantement, tous ses soucis auxquels il pensait toute l'après midi finirent par s'effriter dans son esprit. Il n'en garda qu'une image vague. Après tout, il ne fut pas fait pour être trop rationnel, pensa-t-il, loin de là, lui, rêveur qu'il était, avait un esprit plutôt irrationnel, imaginatif et intuitif.

 Il décida, sur le champ, de ne plus plonger dans l'océan de la réalité avec ses multiples inconvenances, ses difficultés, ses hauts et ses bas, ses mauvaises facettes, ingrates et hostiles.
 Il pensa que la vie était peut-être un mirage sans fin, selon ses dernières lectures à propos de la physique quantique, de la mécanique quantique et de la théorie des cordes.
Cela valait mieux pour lui que de positiver dans ce sens, dans sa solitude et loin d'autrui.
 Toujours est-il que transmettre sa passion est un des meilleurs sentiments humains possibles !
Transmettre un Savoir, perpétuer cette curiosité humaine et ancestrale de la Connaissance ne pouvait être qu'un bon don du ciel. Une fois on était conscient qu'on en possédait, il fallait tout faire pour en préserver la flamme et l'utiliser à bon escient.
 Cette idée le mit sur la bonne voie : sa vie devait, enfin, avoir un sens !
Sur terre, une infinité d'êtres humains naissait, vivait et mourait, sans plus. La machine de procréation de l'espèce continuait son entreprise. L'anonymat de la fourmilière. Tout était conçu, depuis l'aube des temps, pour que cela se déroule et se réalise ainsi. Le système fut bien verrouillé.
Il fallait bien y penser, pourtant.
Au delà de la grande relativité du savant Einstein et grâce à cette découverte, il fallait -pour les chercheurs- résoudre le problème de la gravité électromagnétique, en ouvrant le champ d'investigation à la réflexion sur "la théorie des Cordes", l'interactivité des mondes.
Cette possibilité, et non des moindres, permettrait de comprendre l'existence d'une simultanéité des univers dans le temps et dans l'espace.
On a bien dépassé le voyage dans le temps.
La théorie de troisième, quatrième et cinquième dimensions sont bien loin.
 La physique quantique et les mathématiques se rencontrent, comme par hasard, avec le monde métaphysique des trois grandes religions monothéistes : la présence d'autres mondes que le nôtre dans l'espace / temps des hommes :
Les messages bibliques et coraniques, notamment, ouvraient bien des horizons insoupçonnables, depuis bien longtemps. On s'en doutait ; les métaphores des récits des saintes écritures donnaient lieu à de multiples interprétations aussi extraordinaires que plausibles.
 La téléportation qui semblait relever du domaine des sciences fiction devait paraître possible rien qu'en se référant au récit de Salomon et de la reine de Sabae : "Balqiss".
Alors, pouvait-on, encore, douter de l'existence des mondes symétriques ? Avec la théorie des cordes, l'homme, au jour d'aujourd'hui, pourrait avoir une certitude, grâce à la physique mathématique et à la connaissance -non encore élucidée totalement- des ancêtres que les phénomènes des O.V.N.I. allait devenir tout simplement une réalité.
 L'homme ne serait point seul, l'unique locataire de l'infini univers. D'autres espèces, plus intelligentes, devraient occuper des mondes et des espace/temps symétriques à celui de l'espèce humaine.
Les phénomènes des apparitions "furtives" des navettes spatiales et des êtres extraordinaires pourraient être élucidés grâce à la persévérance des scientifiques, chercheurs dans les domaines de la physique et des mathématiques.
                       
                    Abdelmalek Aghzaf,
                                          Fès, le 10/6/2013.
                                       

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